RSE & environnement

Affichage environnemental, CSRD, ESPR — ce qui change pour vos achats de textiles et d'objets responsables

Score environnemental des vêtements, CSRD allégée par l'Omnibus, passeport numérique, chasse au greenwashing. Ce que chaque règle implique vraiment pour un acheteur de goodies.

Par l’atelier MyGoodiz · · 8 min de lecture

Responsables RSE, acheteurs, services communication : vous êtes de plus en plus nombreux à nous demander si tel t-shirt « compte » dans votre bilan, si telle gourde peut être présentée comme « écoresponsable », ou quels documents demander à un fournisseur. Entre la loi française, les directives européennes et leurs reports successifs, il est facile de s'y perdre. Cet article fait le point, à la mi-octobre 2026, sur les règles qui touchent concrètement l'achat de textiles et d'objets personnalisés — en distinguant bien ce qui est en vigueur de ce qui est en préparation.

Synthèse d'information, à jour au 21 octobre 2026 ; elle ne remplace pas un conseil juridique.

1. L'affichage environnemental des vêtements — en vigueur, volontaire

Statut : en vigueur depuis le 1er octobre 2025, sur une base volontaire.

Prévu par la loi Climat et Résilience de 2021, le « coût environnemental » des vêtements est encadré par le décret n° 2025-957 et un arrêté du 6 septembre 2025. Il s'exprime en points d'impact : plus le score est élevé, plus l'impact est fort. Le calcul intègre les émissions de gaz à effet de serre, l'atteinte à la biodiversité, la consommation d'eau et de ressources, la pollution et la durabilité du vêtement.

  • Qui l'affiche ? Les marques qui le souhaitent, sur l'étiquette, en rayon ou sur leur site.
  • Quels produits ? Une partie des vêtements adultes (t-shirts, chemises, jeans, robes, manteaux, maillots, certains sous-vêtements). Sont exclus notamment le linge de maison et les vêtements à usage unique.
  • Comment le consulter ? Le service public Ecobalyse permet de retrouver ou de simuler le coût environnemental d'un vêtement.

Pour vos textiles d'entreprise, le score n'est pas encore généralisé : rares sont les références promotionnelles qui l'affichent. Mais sa logique est utile dès maintenant : un vêtement durable, porté longtemps, a un meilleur score. C'est un argument fort pour préférer un t-shirt plus épais et bien coupé à un modèle bas de gamme. Voir notre guide Grammage d'un t-shirt.

2. La CSRD — allégée par l'Omnibus

Statut : directive Omnibus I (UE) 2026/470 adoptée le 24 février 2026, entrée en vigueur le 18 mars 2026.

La directive sur le reporting de durabilité (CSRD) a été profondément recentrée. Seules les entreprises qui dépassent à la fois plus de 1 000 salariés et plus de 450 millions d'euros de chiffre d'affaires net restent soumises au reporting. Les entreprises nouvellement concernées couvriront l'exercice 2027 et publieront leur premier rapport en 2028.

Deux conséquences pour vous :

  • Si vous êtes une PME, vous n'êtes très probablement plus concernée directement. Mais vos grands clients le sont peut-être, et ils vous demanderont des informations sur vos achats.
  • Le plafond « chaîne de valeur » : une entreprise de 1 000 salariés au plus peut refuser de fournir davantage d'informations que ce que prévoit la norme volontaire destinée aux PME. Cela protège les petites structures des questionnaires sans fin.

Même hors CSRD, documenter vos achats d'objets (matière, origine, quantité, fin de vie) reste une bonne pratique : c'est ce que vos clients, vos salariés et les acheteurs publics regardent.

3. ESPR — écoconception et fin de la destruction des invendus

Statut : règlement (UE) 2024/1781 en vigueur ; interdiction de destruction applicable aux grandes entreprises depuis le 19 juillet 2026.

  • Depuis le 19 juillet 2026, les grandes entreprises ne peuvent plus détruire leurs vêtements, accessoires vestimentaires et chaussures invendus (article 25). Les entreprises moyennes seront concernées en juillet 2030.
  • Les grandes et moyennes entreprises qui se débarrassent de produits invendus doivent publier chaque année les quantités, les raisons et les filières utilisées (article 24).
  • Le passeport numérique produit pour le textile est attendu à l'horizon 2027-2028 (en préparation, actes délégués à venir).

En France, la loi AGEC interdit déjà depuis 2022 la destruction des invendus non alimentaires (voir Loi AGEC et objets publicitaires). Commander la bonne quantité n'est plus seulement une économie : c'est une obligation de bonne gestion.

4. La fin du greenwashing sur les produits

Statut : directive (UE) 2024/825 applicable à partir du 27 septembre 2026 ; transposition française en cours.

Sont interdites en toutes circonstances : les allégations environnementales génériques sans performance reconnue, les labels de durabilité non fondés sur un système de certification ou non établis par les pouvoirs publics, la neutralité carbone fondée sur la compensation, et les affirmations portant sur tout un produit alors qu'elles ne concernent qu'un composant.

Pour vos goodies : ne marquez pas « objet écologique » ou « 100 % responsable ». Préférez une information précise et vérifiable, appuyée sur un label reconnu. Notre article Labels textiles : OEKO-TEX, GOTS, GRS détaille ce que chaque label garantit réellement.

5. Les marchés publics notent désormais l'environnement

Statut : en vigueur depuis le 21 août 2026.

Les acheteurs publics doivent inclure au moins un critère d'attribution environnemental et au moins une condition d'exécution environnementale dans leurs marchés (loi Climat et Résilience, article 35). Collectivités, universités, hôpitaux : vos commandes d'objets et de textiles marqués devront le refléter.

Récapitulatif

Règle Statut au 21/10/2026 Ce qu'elle change pour vos achats
Coût environnemental des vêtements En vigueur, volontaire (depuis le 01/10/2025) Privilégier les vêtements durables, demander le score s'il existe
CSRD après Omnibus En vigueur, seuils relevés (1 000 salariés et 450 M€) Moins d'obligations pour les PME, mais demandes des grands clients
ESPR, destruction des invendus textiles En vigueur pour les grandes entreprises (19/07/2026) Commander au plus juste
Passeport numérique textile En préparation (2027-2028) Traçabilité accrue des vêtements
Directive anti-greenwashing 2024/825 Applicable au 27/09/2026, transposition en cours Pas de mention verte générique sur vos objets
Critère environnemental des marchés publics En vigueur (21/08/2026) Justifier ses choix d'objets et de textiles

Les 8 questions à poser à votre fournisseur

  1. Quelle est la composition exacte du produit et l'origine de la matière ?
  2. Quels labels certifiés couvre-t-il (et pour quelle partie du produit) ?
  3. Où le produit est-il fabriqué, et où le marquage est-il réalisé ?
  4. Le produit est-il en stock en Europe ?
  5. Quel est l'emballage de livraison ? Peut-on supprimer l'emballage individuel ?
  6. Quelle durabilité attendre (lavages, usage) ?
  7. Le fournisseur a-t-il des engagements vérifiables (charte, baromètre de la filière) ? Pour mémoire, 27 entreprises de l'objet média ont signé en septembre 2026 la Charte Relations fournisseurs et achats responsables (RFAR), et la fédération L'Objet Média a publié son premier Baromètre RSE le 6 octobre 2026.
  8. Que deviennent les invendus et les chutes ?

Le conseil MyGoodiz : un achat responsable, c'est d'abord un objet utile, bien choisi et en bonne quantité. Pour trouver l'inspiration, parcourez nos idées d'objets RSE ou les textiles en coton biologique de notre catalogue.

Sources

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